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La libération du Morbihan

La percée d’Avranches le 31 juillet 1944, ouvre les portes de la Bretagne aux Alliés. Sous le commandement du général Patton, la 3e armée américaine se dirige vers Brest. La Bretagne compte alors 150 000 Allemands. La Résistance applique l’ordre de guérilla généralisée et se soulève avec l’aide de parachutistes français libres du Special Air Service (SAS). Le but est d’empêcher la progression des Allemands qui tentent de rejoindre la Normandie afin de renforcer les troupes sur place.

Le 3 août 1944, de son quartier général à Pontivy, le général Fahrmbacher commandant supérieur des troupes allemandes en Bretagne donne l’ordre à toutes les unités de se replier sur Brest, Saint-Nazaire ou Lorient. À Guer, les Allemands font sauter les installations du camp de Coëtquidan et mettent feu au dépôt de vivres. À Mauron, l’armée américaine fait son entrée en fin d’après-midi. À Pontivy, les casernes, les ponts, les magasins et les hangars utilisés par les troupes allemandes sautent dans la nuit dans un fracas indescriptible. Le sous-préfet arme au poing défend les stocks de nourriture contre les tentatives de pillage. Une compagnie de FTP de la région de Guémené et un bataillon FFI arrivent le 4 août à Pontivy, où ils sont bientôt rejoints par les troupes américaines. Le même jour, les Allemands se retirent de Guémené et de Locminé. Les FFI prennent possession des localités avant l’arrivée des Américains.

À Vannes, les Allemands accélèrent les préparatifs de leur repli dès le 1er août. Dans la nuit du 3 au 4 août, avisés de l’arrivée imminente des Américains, ils détruisent tout ce qui pourrait être utile aux Alliés et commencent à évacuer la ville en direction de Nantes. Le Feldkommandant prend congé du préfet à 3 h du matin. À 10 h 10, avec l’aide de l’échelle des pompiers, le drapeau français flotte à nouveau au-dessus de la préfecture. Des scènes de liesse éclatent et les symboles de l’occupation sont détruits. À 17h les pouvoirs provisoires s’installent. Le préfet Constant se retire et laisse la place à Jacques Onfroy, préfet de la Libération. Le 5 août, tandis que les premiers FFI entrent dans Vannes, d’autres basés à Elven tentent de retarder les Allemands sur la route de Questembert. Toutefois, des heurts persistent dans la région proche de Vannes (combat de Kerchopine et de Saint-Avé). Les Américains arrivent à Vannes en fin de journée. Le matin du 6 août, un convoi allemand se dirigeant vers Vannes est stoppé par les FFI bientôt rejoints par l’armée américaine. Les Allemands subissent de lourdes pertes. Vannes est libéré. Les Américains reprennent la route le lendemain pour Quiberon et Auray. Des coups de feu sont tirés à Auray, des maisons sont incendiées et des représailles perpétrées contre la population qui s’était crue trop tôt libérée. Toutefois, l’arrivée des Américains fait reculer les Allemands vers Lorient.

Au même moment, les régions de Ploërmel, de Josselin et de Malestroit sont libérées par l’action conjointe des troupes américaines et des FFI qui désorganisent les positions ennemies et facilitent ainsi l’avancée des Alliés.

La libération de la Bretagne est douloureuse et nécessite plus de temps que prévu. Poussés par l’avancée des Alliés, les Allemands se replient vers les bases de Lorient et de Saint-Nazaire et commettent sur leur chemin méfaits et exactions. Le 5 août de passage dans le bourg de Saint-Avé furieux de constater que le drapeau national flotte au monument aux morts, ils tirent sur les passants et incendient le café dans lequel ces derniers s’étaient réfugiés. Le même jour à Sainte-Anne-d’Auray deux prêtres sont fusillés et une partie du bourg incendiée.

Hennebont est rejoint par une colonne américaine le 7 août. D’intenses luttes opposent les deux belligérants de chaque côté du Blavet. Une grande partie de la ville est détruite et des atrocités sont perpétrées sur les civils par les Allemands réfugiés sur la rive droite (28 civils tués du 7 au 9 août). Au même moment, de violents tirs d’artillerie stoppent l’avancée d’une seconde colonne américaine à Kerruisseau (Pont-Scorff) où le combat fait 20 morts et 80 blessés parmi les Américains. Ceux-ci sont alors aux portes de Lorient, sans pouvoir y pénétrer. Le général Wood juge que la ville ne pourra être libérée sans de durs combats. La prise de Brest et l’avancée vers l’est de la France deviennent prioritaires. Il laisse alors le soin aux FFI de contenir l’ennemi dans la poche. Erdeven est libéré le 12 août mais la situation s’enlise près de Lorient. Les populations de Lanester, Caudan, Quéven (incendiée le 18 août) et Guidel subissent les représailles allemandes. La poche de Lorient est complètement encerclée mi-août emprisonnant une vingtaine de communes. À l’est du département, des combats ont lieu sur les rives de la Vilaine ; la région de Marzan est saccagée par les Allemands début août. L’explosion du pont de La Roche-Bernard le 15 août 1944 fixe la limite nord-ouest de la poche de Saint-Nazaire qui englobe sept communes du département. Après de rudes combats, les poches de Lorient et Saint-Nazaire ne seront libérées qu’en mai 1945.